De nombreux pays, réunis en Guadeloupe, se sont penchés sur les sargasses, ces algues brunes nauséabondes qui polluent particulièrement le littoral caribéen, pour partager leurs connaissances de ce fléau amené à durer, et tenter d'améliorer la coopération régionale.
A l'issue de ce sommet, une "résolution politique" devrait être signée sur une gestion régionale et internationale de ces algues, devenues en moins d'une dizaine d'années une véritable calamité.
Mexique, Etats-Unis, République dominicaine, Panama, Guatemala, Costa-Rica, Porto-Rico et même Brésil, des dizaines de pays envoient des délégations à Pointe-à-Pitre: "On s'est rendu compte qu'au total, plus d'une trentaine de pays sont impactés", jusqu'en Afrique, explique Sylvie Gustave Dit Duflo, élue de la région Guadeloupe, qui coorganise la conférence avec le gouvernement français.
Depuis 2011, date de leur premier échouage massif dans la Caraïbe, les sargasses s'amoncellent régulièrement sur les côtes et plages, bloquent parfois les ports, et dégagent en séchant de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac qui peuvent provoquer maux de tête et vomissements. Cette pollution a des conséquences néfastes sur le tourisme et le quotidien des riverains.
"Entre 2015 et 2017, sur les Antilles françaises nous avons eu plus d'un million de m3 de sargasses échouées", souligne Mme Gustave Dit Duflo. "Sur 2018-2019, la Guadeloupe à elle seule en a réceptionné plus de 300.000 tonnes". "Il faut que la population prenne conscience que nous sommes partis pour une gestion à long terme. On aura des échouages récurrents et saisonniers", insiste l'élue.
Au Mexique, la Riviera Maya et ses célèbres plages à la blancheur immaculée ont été envahies en mai dernier par le phénomène, faisant fuir les touristes. Même chose à Miami Beach, en Floride.
La conférence fait le point des recherches scientifiques sur un phénomène aux causes "multifactorielles", selon Pascal-Jean Lopez, chercheur au laboratoire Boréa (Biologie des organismes et des écosystèmes aquatiques, Museum national d'Histoire naturelle), qui cite notamment "une remontée de courants marins à la surface", "la température de l'eau" et "des apports en éléments nutritifs au large de l'Amazone".
"Aujourd'hui, la source n'est plus la Mer des Sargasses (nord de l'Atlantique, ndlr), mais une zone centrale entre Afrique et Brésil", ajoute-t-il.